RSE et « transitionneurs » – une autre approche de l’économie responsable

RSE et « transitionneurs » – une autre approche de l’économie responsable

Et si le pouvoir de changer le monde passait par une prise de conscience individuelle de ce qu’est un acte de consommation responsable ?  

A la lecture de l’ouvrage de Rob Hopkins et Lionel Astruc,  « Le pouvoir d’agir ensemble, ici et maintenant », un acte aussi banal que la consommation d’une boisson alcoolisée peut devenir un acte citoyen pilier d’une économie plus responsable et durable.

En effet, selon Rob Hopkins, le simple fait d’opter pour la consommation d’une bière locale peut devenir un acte citoyen responsable.

Aux Etats-Unis au début des années 2000, moins de 1% des bières consommées étaient fabriquées dans des brasseries au niveau local. Les mastodontes du secteur régnaient alors en maitres absolus trustant inexorablement les parts de marché d’un business lucratif, verrouillant l’accès au marché aux petits producteurs et exerçant une concurrence accrue sur les prix et un marketing ultra agressif.

En 2016, ce taux frôle les 11,5% signe d’une r(é)volution des modes de consommation et de production même au pays de l’ultralibéralisme et du marketing roi.

Dans une Amérique sujette aux affres socio-économiques liées à la chute du secteur automobile, à  la délocalisation de pans de son économie vers les pays émergents, à l’affaire des subprimes dont tardent à se remettre les classes moyennes, etc., il semblerait qu’une nouvelle façon de consommer soit en train d’éclore portée par de nouveaux consommateurs : les transitionneurs.

 « Acheter local et intelligent » tel est le leitmotiv de ces nouveaux consommateurs aux pays de l’oncle Sam.

Petite r(é)volution dans la manière de consommer et de percevoir son rapport au monde.

Dans son livre Rob Hopkins évoque ainsi de façon bienveillante « ces brasseries locales, indépendantes et ancrées dans leurs communautés qui ne sont pas centralisées mais au contraire réparties sur tout le territoire et créent des emplois non délocalisables » et pointe du doigt  l’émergence d’un nouveau concept « l’effet de multiplication locale » reprit par nombre d’économistes notamment britanniques.

A savoir que lorsqu’un consommateur fait des achats à hauteur de 10 Euros dans des supermarchés alentour et autres chaines de commerce, il n’apporte en réalité que 3,6 euros d’activité économique dans sa ville. En revanche s’il fait ses courses dans des commerces locaux et indépendants, il génère des retombées économiques à hauteur de 17,6 euros, soit un effet levier multiplicateur positif de près de 5 ».

La France n’échappe pas à ce nouveau paradigme. Pour autant, on peut s’interroger sur le fait que des chiffres aussi importants ne soient pas mieux connus du grand public.

N’avons-nous pas ici, une solution préventive et curative face au désarroi de nos concitoyens  agriculteurs ou petits commerçants. Les enjeux sont d’autant plus importants que les zones de « déshérence économique » ne cessent de s’étendre et ce malgré pléthore de subventions de l’administration pour maintenir sous perfusion une économie moribonde.

Entre, ces deux modèles, l’actuel, qui concentre la richesse auprès de quelques individus et l’autre qui permet de développer l’économie locale et l’emploi. Quel choix faites-vous ?  Le mien est fait depuis bien longtemps.

Finalement sans le savoir, n’étais-je pas et n’étiez-vous pas un « transitionneur » avant l’heure sans le savoir.

Trouver des solutions concrètes pour bâtir le monde de l’après COP 21, privilégier les circuits courts d’approvisionnement et de production, repenser la ville et bâtir une économie « bas carbone » accessible à tous et pour tous est à la portée de chacun.

L’avenir post COP 21 réside dans nos choix de consommation et nombreux sont les organisations issues du monde coopératif ou de l’économie sociale et solidaire qui proposent des  produits et services de qualité soucieux de l’impact sociétal de leurs actions.

Il est grand temps de changer notre regard sur notre capacité à changer le monde et à agir en  citoyen responsable.

Passer du statut « d’extranteur - » (homo sapiens disposant d’une capacité à produire des extrants à charge négative) à celui de « transitionneur ». Comment ? En adoptant les bons réflexes de consommation et les bons gestes éco-citoyens.

La démonstration mathématique est faite alors agissons !

Pour les plus sceptiques, je vous invite à visiter le site : www.transitionfrance.fr